Dispositif révolutionnaire en 2002, la VAE, validation des acquis de l’expérience, ne manque pas d’atouts : certification rapide, coût plus accessible qu’une formation longue, … Néanmoins, depuis 2011, le dispositif attire moins de candidats.

 

Dans la continuité de son rapport de 2014, Terra Nova s’interroge sur la démarche à suivre pour favoriser le développement de la VAE, autant pour le public que la sensibilisation des entreprises pour la mobilisation du dispositif.

 

  • Experts en VAE, les auteurs de ce rapport énoncent 22 propositions pour relancer le dispositif vers une VAE de parcours autour de 6 axes :
    Réduire les abandons en élargissant l’accompagnement
    - Professionnaliser le premier accueil des personnes qui informent sur la VAE par une campagne de formation
    - Elargir la prise en charge financière de l’accompagnement VAE à l’ensemble de la démarche, dès la phase d’information et jusqu’au suivi post-jury
    - Simplifier et clarifier le maquis des certifications
  • Accélérer les recevabilités
    - Appliquer un délai d’un mois au terme duquel « le silence vaut accord »
    - Instaurer un service centralisé d’étude des dossiers de recevabilité qui pourrait valider un dossier en quelques jours et développer un système d’information (le principe « le silence vaut accord » serait alors un garde-fou et n’impliquerait pas un délai systématique)
    - En cas d’absence de pièces justificatives, appliquer un principe de déclaration sur l’honneur

 

  • Multiplier les jurys : plus fréquents et plus efficaces
    - Fixer une date concertée avec le candidat dans les douze mois suivant la notification
  • - Donner aux certificateurs la responsabilité de former les membres des jurys dans une logique de création de viviers
    - Demander au jury de mieux motiver sa décision en cas de validation partielle ou refus de validation
    - Revaloriser et personnaliser la rétribution des membres du jury
    - Mobiliser les jeunes retraités
    - Rendre plus souple la constitution des jurys et permettre l’organisation de jurys sous diverses formes (exemple, à distance) et à la demande en marge des calendriers nationaux

 

  • Financer le « système » VAE
    - Permettre un accompagnement au forfait et pour tout le parcours de VAE, avec obligation de moyens, les frais de jury et les frais annexes devant être pris en charge au coût réel
    - Permettre un financement des formations complémentaires dans le cadre d’une VAE qui se dédouane de l’approche « tout ou rien « des blocs de compétences

 

  • Inciter les entreprises à s’engager
    - Sanctuariser un financement dédié à la VAE sur les budgets de formation obligatoires
    - Mobiliser les syndicats, les représentants du personnel pouvant être des vecteurs importants de développement de la VAE
  • Ouvrir un réel accès à la VAE pour les demandeurs d’emploi
    - Former les conseillers du service public de l’emploi pour faciliter la prise en charge des demandeurs d’emploi souhaitant faire une VAE et mettre en place un référent VAE dans chaque agence Pôle emploi
    - Fixer à Pôle emploi un objectif quantifié de VAE sous réserve bien sûr d’avoir assoupli le processus (moins de formalités administratives puisque Pôle emploi a déjà tous les documents)
    - Développer des VAE collectives pour créer des dynamiques entre les demandeurs d’emploi
    - Expérimenter des parcours VAE à durée réduite (deux à trois mois minimum) afin de les rendre possibles dans une situation de recherche d’emploi
    - Appliquer la loi de 2014 et permettre à un demandeur d’emploi d’utiliser librement son CPF pour réaliser sa VAE
    - Réduire le délai de recevabilité à une semaine maximum pour les demandeurs d’emploi et organiser des jurys dédiés.

 

Source : Danielle KAISERGRUBER, Abdoul KARIM KOMI, David RIVOIRE. Libérer la VAE. Comment mieux diplômer l’expérience. Paris : Terra Nova, Février 2018. 54p

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